
Dimanche dernier, alors que dehors, ces gens battaient le pavé pour marteler leur mépris de la différence, je m’efforçais pourtant, un peu en vain, d'être indifférent à leur mépris. Et je repensais à la veille où, amusante coïncidence, j'assistais à mon premier mariage gay. Je me remémorais l'émotion palpable dans cette petite salle de mairie, où deux amis se disaient "oui", les yeux embués et le palpitant à plein régime. Je ne pouvais m'empêcher de revoir cette grande salle de réception pleine de parents, grands-parents, cousins, cousines, sœurs, frères et ami(e)s célébrant l'union de deux hommes à qui il était encore peu interdit d'officialiser leur amour. Il y avait même des enfants, plein d'enfants. Des enfants qui grandiront sans doute, eux, avec l'idée que l'amour n'a pas de sexe (comme parfois le sexe parfois n'a pas d'amour, mais ils auront tout le temps de l'apprendre).
Dimanche dernier, après avoir fait ce perturbant parallèle dans ma tête, j'ai fini par prendre en pitié tous ces manifestants qui, manifestement, n'ont rien compris et, pire encore, ne veulent rien comprendre. Et, ce faisant, ne connaîtront jamais la puissance des sentiments éprouvés par mes amis qui s'unissaient la veille ou par moi en prenant mon compagnon dans mes bras. L'amour pour tous, ou presque.